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Combattre

Il est temps de revenir vers vous par l’écrit et les pensées, bien que ce ne soit pas faute de penser à vous tous tout comme à chacun de vous et ce, de façon constante.
Māheśvarī माहेश्वरी et moi-même avons encore dans le cœur et l’esprit ces bons souvenirs de partage et de pratique de notre dernière venue. C’est sans compter les nombreux souvenirs obtenus durant les trente ans de pratique ensemble sous les tropiques de la Réunion.
Un élève sur WhatsApp en faisant ses vœux au Centre Jaya disait ceci :

« Meilleurs vœux 2026 à ce beau centre spirituel et à ce beau groupe qui l’anime ».

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Quel touchant message reflétant l’amitié et le respect spirituel qui nous unissent.

Cette amitié, fondée sur des années de pratique commune - enseignement, prise de conscience, expérimentations des lois universelles, maîtrise de soi, liberté individuelle d’action et de pensée, analyse de la société contemporaine - est devenue une force. Elle a permis de développer la force intérieure de chacun, mais aussi celle du groupe.

L’expression supposée d’Aristote que le « Tout dépasse la somme des parties », illustre le travail en équipe, en combinaison harmonieuse et confirme qu’il est bien meilleur et plus efficace pour atteindre certains objectifs.

Bien sûr, le travail intérieur de perfectionnement individuel reste la base dans le travail yoguique.
Je me souviens de notre maître Śrī Śrī Śrī Satcitānanda श्री सच्चिदानन्द , dit le silencieux, qui nous montrait avec sa main qu’un doigt seul, l’un après l’autre, vaut moins que la main toute entière, qui plus est, lorsqu’elle est ramassée en poing serré.

En termes d’énergie, celle qui se dégage d’un système fait de différentes parties en action est bien supérieure à la somme des énergies de chaque partie.

Le système prend sa propre force, sa propre personnalité et je puis dire aujourd’hui que le Centre Jaya, élèves et guides qui le constituent, a gagné en grande maturité.

Le groupe a grandi, a mûri. Il est prêt pour entreprendre de nouveaux projets.

La dernière pūjā पूजा, mais aussi les pratiques, le stage, les initiations, ont bien illustré cela.

Que de préparations, de différentes tâches, de générosité d’âme et d’actions, furent nécessaires de la part d’un grand nombre de pratiquants pour faire émerger au cœur de la cérémonie, pour ne citer qu’elle, l’inattendu, le subtil et le puissant, l’expérience inoubliable.

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Pour cela, il est fondamental d’être au centre de l’expérience et du partage. Cela nécessite du cœur et de la finesse d’esprit pour capter l’essentiel et ne pas se positionner à l’extérieur avec une analyse cartésienne et intellectuelle.

Si ces dernières qualités sont nécessaires dans un grand nombre de situations de l’existence, ne serait-ce que pour assurer une vie sans complications, la perception de l’existence se doit d’inclure aussi les autres approches plus intuitives et émotionnelles, voire sacrées.

Si l’éthique est le liant de toutes ces approches, cela fait des pratiquants qui la détiennent, de très belles personnes.

Et le monde en a bien besoin !

En agissant sur votre propre bonheur individuel et votre développement spirituel, vous permettez à l’entité que forme le groupe de diffuser dans cette atmosphère polluée et individualiste, un bonheur qui a sa propre réalité, indépendant de ses parties. Votre bonheur individuel agit par boule de neige sur vos proches qui en récoltent les fruits, si vous savez le partager sans imposer quoi que ce soit ou en l’adaptant aux réels besoins de l’autre. Le bonheur du groupe quant à lui, agit subtilement sur la société et devient la preuve qu’il y a encore des hommes et femmes éveillés et conscients qui œuvrent au bien en s’attachant à maintenir à flots, une nature humaine digne de ses plus belles lettres de noblesses comportementales.

Il m’a fallu du temps pour appeler mes élèves « Cher·e ami·e », la maturité spirituelle n’étant pas encore épanouie chez chacun de nous à un même degré, c’eut été avancer à l’aveugle et de façon démagogique.
Durant des années au Centre Jaya, Māheśvarī et moi-même avons beaucoup donné en accueil, en écoute, en soins, en réconforts, en conseils, donnant des clés précieuses à de nombreuses personnes qui ont beaucoup pris et peu donné. Les plus fidèles en revanche, nous ont soutenues et accompagnées durant de longues années. La plupart sont toujours là.

Bon nombre de métiers peuvent faire le même constat, ne serait-ce que dans le domaine médical, celui de l’enseignement ou tout service public.

Ma retenue et mes appréhensions envers autrui marquaient donc cette réserve et je donnais sans attendre et sans illusions sur la race humaine. Je n’ai toujours pas perdu ces illusions sur un grand nombre, mais je ne les crédite plus en ce qui concerne ceux qui ont prouvé avec le temps leur fidélité et la beauté de leur pratique à mes côtés.

Si je vous avais caressés·ées dans le sens du poil dès le départ, non seulement cela aurait été non sincère de ma part mais j’aurais fait confiance à des pratiquants débutants sans fondations spirituelles. 
A présent, lorsque je le fais, c’est que la confiance envers vous est acquise.

Le monde a beaucoup changé en peu de temps et de nombreux comportements de la société actuelle pourraient mettre à mal notre éthique et notre engagement spirituel sans notre vigilance.

Le spectacle des comportements humains peuvent nous offusquer bien souvent par leur vulgarité, la superficialité, leur insolence et leur prétention, d’autant plus lorsqu’ils viennent des personnes censées diriger le monde.
Vis-à-vis du commun des mortels, nous sommes bien obligés, pour les accepter, de renvoyer à leurs auteurs leur responsabilité et nous désengager d’eux, même si notre expérience et notre maturité spirituelle pourraient leur être utile.

N’endossons pas le rôle des sauveurs que l’on pourrait nous reprocher. Comme nous ne fuyons ni de partons en guerre, il nous reste l’observation détachée devant le triste spectacle du monde des hommes.

Souvenez-vous de la conférence « L’état de confiance » dans laquelle je vous rappelais l’aphorisme suivant de Svâmi Prajnânpad : 
« Il s’agit d’être activement passif intérieurement et passivement actif extérieurement  ».

Je vous disais déjà à l’époque, en 2013 :


« L’état de survie permanent dans lequel nous sommes, fait de nous des êtres en profonde tension intérieure, des êtres sur le "qui-vive". Il y a dans nos jungles sociales, des petits rongeurs instinctifs mais il y a aussi de grands félins sans pitié.

Quel qu’il soit, proie ou prédateur, l’être est bien souvent en tension profonde.

Se détendre, lâcher, c’est accepter de ne plus prendre, de ne plus fuir et de ne plus détruire.

Lâcher, c’est ouvrir en soi l’état de Confiance. Non seulement, nous sommes en permanence dans des obligations que nous nous imposons à nous-même mais la société nous en impose aussi beaucoup d’autres.

Nous sommes en permanence dans le devoir de l’action.

Les mystiques chrétiens, les soufis, les hindous, parlent tous de la même chose.

Il ne s’agit pas de donner au terme « non-agir », l’aspect d’une passivité faible et désarmée, d’une paresse ou d’une fuite. »

Or, pour un grand nombre de personnes désirant tranquillité et apaisement dans leur propre bulle, l’observation de la bêtise voire de la dérive humaine se transforme en indifférence. Malgré cela, une majorité éprouve de nos jours une inquiétude diffuse et persistante devant le monde actuel.

Agissent-ils pour autant ou jouent-ils malgré eux le jeu des engrenages sociétaux ?

Vis-à-vis des dirigeants du monde, c’est un tout autre cas de conscience qui est en jeu.

Nous faut-il combattre et comment, sans entrer en guerre avec le monde ?

Idéologiquement, cela suffit-il ? A savoir, porter ses actes à la hauteur d’une idéologie pacifiste ?

Ne soyons pas naïfs. Entendez-vous certains piétiner du pied en nous invitant à l’action musclée ?

Le citoyen lambda est bien limité pour agir dans le système et sa parole souvent bafouée par le pouvoir qu’il a lui même mis en place.

Que d’actions dérisoires fait-il pour se faire entendre !

Seules les grandes révolutions ont fait bouger les anciens systèmes, mais combien de morts pour cela ? L’Iran d’aujourd’hui !

La vie politique et sociale actuelle est très mouvementée et la planète ne vit qu’au rythme des guerres omniprésentes.

Nous pourrions alors nous demander si nos parents et aïeux éprouvaient ces mêmes perturbations intérieures à leurs époques vis-à-vis du monde et de la société en mutation.

Les facteurs de rapidité, de quantité, de complexité sont bien des caractéristiques contemporaines. Si nos parents devaient résoudre des équations au 2e degrés pour gérer leur existence, nous en sommes à combien ?

Nous sommes déjà noyés, et bien au-dessous du niveau zéro de la mer par un océan informationnel.

Assurément, nos ancêtres connaissaient l’angoisse et les affres de la guerre.

L’humanité n’a jamais cessé de rêver à un monde sans guerre. 
Des guerres tribales primitives aux guerres antiques, en passant par les guerres moyenâgeuses et contemporaines, nous n’avons jamais eu sur cette planète une paix globale.

Il faut nous y résoudre, la nature de l’homme est toujours belliqueuse.

Pour notre histoire récente, même si la guerre froide du milieu du XX° s aurait pu laisser entrevoir la fin des conflits armés des grandes puissances par la substitution d’une guerre économique, c’est-là que les grands protagonistes ont développé encore plus leur stratégie nucléaire.

La spécificité de la guerre froide était d’être un conflit multi-dimensionnel, davantage porté par les différences idéologiques et politiques entre les démocraties occidentales et les régimes communistes que par des ambitions territoriales.

Aujourd’hui, rebelote !

Les grandes puissances se disputent à nouveau des territoires, Russie, Chine, États-Unis comme aux temps primitifs.

A l’époque, cette guerre froide a eu de fortes répercussions dans tous les domaines, notamment économiques et culturels. Elle prit toutes les formes possibles d’affrontements, de l’espionnage aux actions secrètes en passant par la propagande, de la compétition technologique à la conquête de l’espace en passant par les compétitions sportives et technologiques. Nous en avons aujourd’hui les effets.

Si l’occident a pu bénéficier d’accalmies armées ces dernières décennies, de nombreux conflits ont pourtant continué à faire des millions de morts, tant en Asie que dans le monde arabe et sur bien d’autres continents. Entre 1945 et 1990, près de 160 conflits ont fait plus de 40 millions de morts. Si le paysage d’affrontement des deux grandes puissances des États-Unis et de l’ancienne URSS a changé et s’est amplifié d’autres grands protagonistes, les intérêts économiques, les enjeux technologiques, le développement de l’information rendent de plus en plus complexe le profil mondial des affrontements déclenchés ou larvaires.

A nos portes, avec le conflit Russie-Ukraine, la guerre des tranchées est revenue avec les drones et l’IA en plus. De 2023 à 2025, Israël et Palestine, Le Soudan, l’Éthiopie, et combien d’autres montrent la permanence des guerres qui ne parviennent pas à se régler durablement.

Tout est fragile, volatile, instable.

Pour revenir au nucléaire, « la peur de la prolifération des armes nucléaires est apparue avec la naissance de cette catégorie d’armes. En matière de prolifération, le principe est « N+1 ».

Chaque pays estime que sa possession de l’arme nucléaire ne compromet pas la sécurité du monde, mais à leurs yeux, celle-ci le serait si un pays supplémentaire rejoignait le club atomique », nous dit Pascal Boniface, spécialiste des relations internationales.

Au départ, les États-Unis pensaient que leur monopole nucléaire ne mettait pas la planète en danger du fait de leur caractère démocratique et des valeurs universelles qu’ils incarnaient. 

Nous pouvons déglutir, car la réalité politique des États-Unis d’aujourd’hui est en perte colossale de ces valeurs.

Quant à la Russie, l’équilibre pour eux face aux États-Unis était maintenu par la maitrise de l’arme qu’ils avaient et c’est la surenchère en quantité et performance.

Aujourd’hui, tous les pays possédant l’arme nucléaire n’ont pas forcement signé le traité de non prolifération de cette arme-là. Pourquoi ? Parce qu’en tant qu’égalisateur de puissance, pour dissuader un autre état nucléaire, il n’est pas nécessaire d’avoir autant d’armes.
Quelques ogives peuvent détruire tout ce qui vit.

Comme l’arme nucléaire est une arme de dissuasion et de sécurité, chaque pays devrait l’avoir pour que la paix mondiale soit assurée.

Or quel paradoxe !


Même si nous en arrivions à cela, notre paix globale dépendrait du surarmement. C’est déjà le cas avec le peu de pays qui l’ont.

Notre pauvre planète à beau secouer ses épaules pour nous supporter, rien n’y fait.
L’homme est indécrottable et s’éloigne de la sagesse tant espérée.

« Internet est le fruit d’une invention militaire, nous dit encore P. Boniface.
Il s’agissait pour l’armée américaine, de pouvoir continuer à communiquer de façon décentralisée après une éventuelle frappe nucléaire. »

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L’être humain a conquis les quatre grands domaines que sont les terres, les mers, l’air et l’espace. Le cinquième est un espace inattendu et insidieux. Le cyberespace est désormais un objet d’affrontements des grandes puissances et donne aux guerres un nouveau visage ou du moins leur ajoute un outil encore moins traçable. Collectes de données, sabotages, attaques des infrastructures sensibles d’une nation sans faire forcément de morts directs, ingérences médiatiques et politiques, paralysies d’entreprises, peuvent déstabiliser n’importe quel pays et ses institutions, médicales, informatiques, sécuritaires, etc. Nombreux sont les pays qui développent aujourd’hui leur cyberarmées mais à ce jour, nous n’avons aucune connaissance des conséquences de la gravité potentielle. La guerre Russie Ukraine en est un exemple.

Si l’avènement du monde numérique a bouleversé notre vie quotidienne et notre façon d’agir et de penser, elle est omniprésente dans les rapports de force internationaux.

Nous sommes les contemporains qui auront assisté à cette révolution majeure, l’aurons découverte, testée, expérimentée sans en connaître les tenants et les aboutissants, comme des cobayes intelligents dans une cage devant un trajet à résoudre. Le cobaye ne connaît ni l’expérimentateur ni l’objet de l’expérience et je doute que les concepteurs eux-mêmes de ces technologies numériques, aussi sophistiquées soient leurs pensées et leurs intentions, aient eu et aient encore suffisamment de visibilité sur l’avenir des potentialités de leurs innovations.

Avons-nous ouvert une boîte de Pandore ?

Un flux ininterrompu de surprises les plus fabuleuses comme les plus improbables voire inquiétantes en ressortent chaque jour, comme des jouets magiques prêts à l’emploi.

Pour ne citer qu’elle, l’IA, sujet et outil devenu incontournable, est considérée par certains comme une corne d’abondance car elle développe de façon exponentielle les moyens de production et les biens de consommation. Pour les plus pessimistes, l‘IA va supprimer en masse bon nombre de métiers aux différents niveaux de la société, du plus intellectuel au plus basique. Outre les géants du numérique ayant su faire fortune, l’IA a surtout des répercussions géopolitiques majeures, car les données et leur contrôle constituent un extrême pouvoir de puissance et à l’échelle mondiale.
Si les États-Unis, la Chine, ont une avance sur le reste du monde en ce domaine, de nombreux pays cherchent aujourd’hui à s’engager dans la course à l’IA en développant les nouveaux facteurs de puissance que sont les talents, et leur formation, les data-centers, les super calculateurs, les matières premières du numérique, les minerais, les semi-conducteurs, etc.

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C’est tout cela qui forme la valeur de l’IA.

Alors voyez-vous, pourquoi, en tant que guide spirituel du XXI° siècle, je ne vous parle pas que de la nature, du feu, de l’air, de la terre, et de l’espace éthérique ?

Tout d’abord, je vous en ai beaucoup parlé durant des décennies et cette connaissance vous est toujours accessible par les conférences et les différents articles de notre site.

Ensuite l’impact du monde d’aujourd’hui est si vivace dans notre vie quotidienne et notre quête spirituelle, qu’il serait illusoire de retourner vivre au cœur de la forêt, en plantant ses carottes.
Nous sommes et resterons pour la société un numéro d’identification géré par un web intelligent.
Quitte à être noyés dans ce nouvel océan numérique et informationnel, autant en identifier les outils et tenter, par le processus créatif ou par l’utilisation éclairée, de contrecarrer les dérives délétères de ces outils super-puissants, et d’œuvrer au Bon, au Beau et au Bien.
Nous sommes des êtres de paix, mais gardons cependant grande vigilance.

Combattre commence déjà par-là.

Hari Om Tat Sat

Bibliographie :
 "La géopolitique " de Pascal Boniface aux Edts Eyrolles
 Commentaire et réflexions de Jaya yogacarya

Remerciements à Cécile Pellorce pour ses corrections

©Centre Jaya de Yoga Vedanta La Réunion & métropole

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